Jérôme D'Ambrosio
Cela fait dix-huit ans qu’on n’avait plus vu un Belge sur la ligne de départ d’une course de Formule 1. Dix-huit ans, c’est aussi le temps qu’il a fallu à Jérôme D’Ambrosio pour passer du volant d’un Go Kart à celui d’une voiture de F1. Une histoire qui parle d’ambition, d’argent, de vitesse et d’un plan pour réaliser tout cela.
A l’automne 2011, nous avons rencontré Jérôme D’Ambrosio à l’occasion d’un de ses rares séjours en Belgique. Le contraste est étonnant, entre le jeune gars tout simple en t-shirt gris qui nous serre la main et l’univers bruyant et clinquant de la F1. Jérôme D’Ambrosio a les deux pieds bien plantés sur terre. Sans faire de chichis, sans se prendre pour le nombril du monde, il s’excuse poliment de nous avoir fait attendre dix minutes et de ne pas nous consacrer toute l’après-midi: bonne-maman n’aime pas que son petit-fils arrive chez elle en retard.
Pourquoi la nouvelle écurie Marussia Virgin a-t-elle porté son dévolu sur un Belge? « Peut-être parce que je ne suis pas trop nul? », sourit Jérôme D’Ambrosio. « La F1 n’est certainement pas un sport réservé aux pilotes des grands pays, avec beaucoup de moyens, qui représentent donc un potentiel commercial accru. Il suffit d’observer le grand nombre de Finlandais ou de Suisses sur la ligne de départ. Et inversement, l’absence de Chinois. Non, l’aspect sportif compte encore bel et bien. »
D’Ambrosio a pleinement conscience du fait que le potentiel commercial du pilote et de son sport est exploité: « après la coupe du monde de football et les jeux olympiques, la Formule 1 représente l’événement sportif le plus regardé au monde. Et contrairement aux deux autres événements, la F1 se dispute toutes les deux semaines. Nous sommes donc toute l’année sous les feux des projecteurs. »
« L’entourage est tout aussi impressionnant. La responsabilité est énorme face à l’équipe. La mienne compte 150 personnes, et certaines écuries emploient même jusqu’à 700 personnes! En F3, une équipe ne comptait au maximum que 20 personnes. Mes amis n’en croyaient pas leurs yeux à Spa, à la vue du véritable cirque médiatique qui suit la F1. Moi, je m’y suis habitué : les photographes et les journalistes ne font que leur travail, après tout. »
Des amendes pour stationnement non réglementaire
Pour compenser cette exposition continue et cette vie trépidante, Jérôme D’Ambrosio aime découvrir la nature à vélo. Sans oublier bien sûr les quatre heures d’entraînement sportif quotidien et les exercices de relaxation et de concentration.
La vie d’un pilote de course est-elle difficile? « C’est un rêve éveillé », affirme Jérôme D’Ambrosio. Et après quelques secondes de réflexion: Si je n’avais pas opté pour ce métier, je serais peut-être devenu pilote d’avion ou j’aurais travaillé dans l’aéronautique. Tout petit déjà, j’étais fasciné par tout ce qui vole, et qui va vite. »
Mais pas sur la voie publique. Jérôme D’Ambrosio: « Je suis un conducteur très sage, à bord d’une voiture tout ce qu’il y a de banal, une diesel d’ailleurs! C’est une expérience bien différente que celle des 330 ou 340 km/h sur un circuit. Je ne suis certes pas un saint, mais j’estime que je dois donner l’exemple aux jeunes conducteurs. Vous ne me surprendrez jamais passant à vive allure dans une agglomération. Les seules contraventions que j’ai jamais eues sont des amendes pour stationnement non réglementaire. »





