Johan Beerlandt,
CEO de BESIX

Un bâtisseur de gratte-ciel
qui a le vertige

La rénovation de l'Atomium de Bruxelles. Un projet d'irrigation au Cameroun. Le Parlement européen. La nouvelle gare d'Utrecht. Le dernier terminal de l'aéroport de Zaventem. Un stade de foot de 55.000 places assises au Quatar. Sans oublier le gratte-ciel le plus élevé du monde à Dubaï. Derrière tous ces projets, on découvre une entreprise belge qui emploie 19.000 dans le monde entier. Et derrière ces 19.000 personnes, il y a Johan Beerlandt, un CEO qui a le vertige et qui préfère rester à l'arrière-plan.

Burj Khalifa, c'était un projet de prestige, qui nous a fait connaître dans le monde comme l'un des cinq grands bâtisseurs de gratte-ciel. Plutôt que du bénéfice pur, cette tour nous a valu 828 mètres de respect.

 

  • Je travaille ici depuis plus de trente ans. En théorie, il est certain que je ne dois plus m'occuper de rien. Les membres du directoire prennent quasiment toutes les décisions. Je n'interviens que lorsque c'est absolument nécessaire. Pour moi, ce que je fais n'est pas du 'travail' dans le sens que l'on donne généralement à ce terme. Je ne dois pas travailler pour vivre, je vis pour mon travail. L'avantage, c'est que cela me permet de continuer à me sentir jeune, malgré mes 62 ans, ce que d'aucuns trouvent très vieux.

  • Je suis peut-être le CEO de BESIX, mais au supermarché d'en face, tout le monde ignore qui je suis, ce qui me convient fort bien. Je n'aime pas parler de moi, je préfère parler de l'entreprise. Le culte de la personnalité , très peu pour moi. Notre personnel est notre principal actif. Pendant la crise économique, mon obsession était de ne pas avoir à licencier des salariés.

  • Les Belges sont trop discrets, il auraient intérêt à parler plus fort, à se faire entendre. Les entreprises belges ont une réputation de sérieux à l'étranger. Sans aller jusqu'aux rodomontades, contentons-nous de bien faire notre travail et la reconnaissance suivra automatiquement.

  • 'Keep it simple', c'est une devise que je revendique haut et fort. Après tout, bâtir, c'est simple. On commence par poser les fondations, ensuite la dalle, puis les murs et le toit. Le Burj Kalifa se construit sur le chantier, pas derrière les écrans d'ordinateur. Sur un chantier comme celui-là, des milliers d'ouvriers s'activent, qui tous doivent manger, se rendre aux toilettes, etc. Il ne faut pas de modèles informatiques complexes pour gérer tout cela, mais un solide bon sens.
  • Il arrive que l'on prenne conscience de ne pas avoir les capacités requises pour accepter un projet donné. Il faut alors oser dire non et ne pas faire de promesses en l'air. Et quand je ne comprends pas quelque chose, je demande à ce qu'on me l'explique comme si j'étais un vrai profane. Chez Besix, nous ne nous laissons jamais aller à avoir la tête dans les nuages."

  • J'ai le vertige depuis que j'ai assisté à un terrible et regrettable accident de chantier. Malgré toutes les mesures de sécurité, l'inévitable se produit parfois, et cela fait réfléchir, effectivement. Ce sont des choses qui vous ramènent les deux pieds sur terre.

  • Après des problèmes aux genoux et à l'épaule, j'ai arrêté le tennis. C'est alors que j'ai découvert le golf. Un sport fantastique, et le moyen idéal de rencontrer de nouvelles personnes et de les évaluer. Celui qui falsifie son score en ne comptant pas tous les coups n'est pas honnête envers lui-même, ni dans les affaires probablement. J'ai déjà refusé de travailler avec certaines personnes après les avoir vues à l'œuvre au golf. Le bâtiment, c'est un travail d'équipe, comprenez-vous et chez BESIX, il n'y a pas de place pour des ego surdimensionnés.
 

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