Pierre Henri Rion

"Je ne suis qu'un petit entrepreneur wallon"

Citez le nom d'une entreprise wallonne florissante et il est probable que Pierre Henri Rion y est lié d'une manière ou d'une autre. Depuis dix ans, Pierre Rion met son expérience d'entrepreneur au service d'autres entrepreneurs qu'il met sur les rails. L'homme est pilote, gastronome, saxophoniste, viticulteur, chasseur et surtout: le nouveau président du principal club d'affaires du sud du pays..

Son secret? Se lever tôt et travailler dur, très dur. "Mon réveil sonne trois heures plus tôt que chez la plupart des gens. Trois cent jours par an fois trois heures, voilà qui me donne une avance de 900 heures – imaginez ce que l'on peut faire en un tel laps de temps!"

"Je suis devenu entrepreneur par nécessité. Je ne suis pas issu d'une famille d'entrepreneurs. Mon père, ingénieur civil comme moi, a travaillé pendant un demi-siècle pour la même entreprise. Pour lui, je suis probablement un ingénieur raté, car à ses yeux le biotope d'un ingénieur, c'est le laboratoire."

 

"Je connais parfaitement les difficultés économiques de la Wallonie et je considère que ma mission consiste à y remédier. Comment je fais pour y arriver? Je rencontre une personne qui a une idée prometteuse et je lui prête de l'argent – par exemple la moitié de l'investissement – en échange de ce que je qualifie de 'plus-value sympathique': généralement une participation aux futurs bénéfices."

"Ne vous méprenez pas: dans les années '20, j'aurais probablement été un militant actif et me serais opposé aux abus de pouvoirs de certains patrons. Mais aujourd'hui, je note surtout que les syndicats abusent de leur pouvoir au détriment des salariés. Prenons l'exemple de l'accord interprofessionnel, une bonne chose pour tout le monde. Pourtant, certains populistes appellent à bloquer le processus. Ils n'hésitent pas à paralyser les routes et les transports en commun, empêchant de la sorte des milliers de personnes de faire leur travail, ce qui pousse certaines entreprises étrangères à quitter le pays. J'ai du mal à concevoir une telle attitude."
"C'est le système qui a tout faux .Aussi longtemps que les syndicats belges porteront la responsabilité des indemnités de chômage, ils auront en fait intérêt à créer plus de chômage - et une base qu'ils contrôleront entièrement."

"L'incentive poussant les gens à travailler est largement insuffisante. On compte en Wallonie 20.000 offres d'emploi que l'on ne parvient pas à remplir, et ce malgré une offre pléthorique de formations gratuites. Pourquoi? Il n'y a pratiquement pas d'écart entre un salaire net, plumé par le fisc, et des allocations de chômage complétées par quelques heures de travail au noir."

"Je dis toujours la même chose à mes fils: parvenez à vous intégrer dans des milieux très différents. Vous devez être capable de conduire un poids lourd, mais aussi vous sentir à l'aise lors d'une réception au palais royal. Adaptez-vous à votre environnement, c'est la meilleure école pour entreprendre."
 

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