La dette publique belge est énorme. La première mission du nouveau gouvernement consistera à trouver de l'argent pour combler le trou des 25 milliards d'euros du budget courant. Sa deuxième tâche consistera… à trouver de l'argent, afin d'offrir à une population vieillissante la garantie d'une pension et de soins de santé acceptables.
![]() |
Luc Van den Bossche Ancien ministre de la fonction publique et président d'Optima |
![]() |
Ivan Van De Cloot économiste en chef du think tank indépendant Itinera Institute et observateur critique de la gestion publique |
IVAN VAN DE CLOOT: Le plan de relance actuel initié par le gouvernement fédéral ne suffira pas à nous armer en prévision des défis futurs. Il ne vise que 1,1 milliard d'euros d'économies, alors que les seules dépenses de santé ont déjà augmenté de 3,3 milliards d'euros en 2009. La même année, les dépenses liées aux pensions ont elles aussi augmenté de 1,3 milliards d'euros.
GEERT VANCRONENBURG: Et ce, alors que grâce à l'informatisation et à la modernisation, il serait tout à fait possible de réaliser les mêmes choses avec moins de personnel.
![]() |
Jo Viaene Manager du Competence Center d'Optima |
LUC VAN DEN BOSSCHE: C'est exact. Le montant élevé des pensions du secteur public s'explique par le fait qu'il s'agissait à l'origine d'une forme de salaire reporté, parce qu'un fonctionnaire gagnait à l'époque bien moins qu'un collègue exerçant le même métier dans le privé. Aujourd'hui, ces salaires sont parfaitement comparables – sauf pour les postes les plus élevés – et les fonctionnaires ont en outre l'avantage de la sécurité de l'emploi.
IVAN VAN DE CLOOT: Le débat public en la matière se caractérise par un conflit des générations: les baby-boomers ont été très nombreux à travailler, et ils prennent peu à peu leur retraite, souvent sans avoir économisé dans ce but. La facture de leurs pensions est aujourd'hui présentée à un groupe bien moins important d'actifs. Les pouvoirs publics ne peuvent proposer une solution qu'à condition de se montrer prévoyants – ce qui est impossible avec un budget d'un an seulement.
|
GEERT VANCRONENBURG: L'Europe accentue la pression sur les pays – donc également sur la Belgique – pour qu'ils établissent un budget pluriannuel. C'est une bonne chose, mais cela va plus loin. La France, mais aussi les Pays-Bas et l'Allemagne – qui supprimera 12.000 postes de fonctionnaires dans les années à venir – interviennent sévèrement, et à tous les niveaux. Chez nous – où il est encore plus nécessaire d'intervenir que dans de nombreux pays – il n'y a pas jusqu'ici de consensus politique suffisant pour prendre des mesures dont nous savons pourtant tous qu'elles sont indispensables.




