
"Un plan financier adéquat, cela ne se fait pas tout seul"
La planification financière: six tendances en 2011
La première source d'information d'Optima, c'est sa clientèle, ce qui ne nous empêche pas de nous adresser à des spécialistes externes. Nos planners traitent ensuite les informations fournies par les clients et par ces spécialistes. Voici un certain nombre de tendances cruciales observées en 2011 dans le domaine de la planification financière.
PremiÈre tendance/Pas de plan adéquat sans connaissance approfondie du client
Nick Vermoere (executive manager client services department Optima): "La connaissance du client représente la première étape de notre offre de services. Avons-nous une connaissance approfondie de sa situation et de ses rêves – parfois même de ses cauchemars? C'est seulement à cette condition que nous réussirons à établir un plan financier et fiscal à la mesure de sa vie. Nous continuons à suivre ce plan tout au long d'un parcours qui peut durer plusieurs années, car les circonstances de la vie d'un client varient au fil du temps."
Stefan Sablon (avocat spécialisé dans les matières fiscales): "Notre bureau fait office d'intermédiaire entre les clients et le fisc, notamment dans le cas des régularisations fiscales. Dans notre métier, discrétion et confiance sont les mots clé. Nous fonctionnons presque comme des confesseurs, auxquels le client confie le patrimoine qu'il souhaite régulariser. A notre tour ensuite d'aller avec lui à confesse chez le fisc. Nous sommes une sorte de go-between, qui veille à ce que les règles du jeu soient parfaitement respectées."
DeuxiÈme tendance/Une planification adÉquate est tributaire des spÉcialistes ad hoc
Peter Cnockaert (conseiller fiscal): "Il est impossible aujourd'hui de concentrer toutes les informations indispensables sous un seul toit. Nous faisons nous aussi appel à des spécialistes externes de notre réseau dans certains dossiers spécifiques. Nous devons veiller à consulter le spécialiste requis pour un dossier donné. L'importance d'un réseau optimal de pourvoyeurs de connaissances n'a jamais été aussi déterminante."
Nick Vermoere: "En notre qualité de financial planners, nous connaissons comme personne les quatre domaines des finances personnelles des clients: revenus, patrimoine, pension et succession – ainsi que leurs interactions. Nous savons qu'une intervention dans un domaine aura nécessairement des retombées dans d'autres."
Peter Cnockaert: "Nous observons un grand besoin de planification financière globale. Nous sommes étonnés de constater à quel point certains entrepreneurs sont mal organisés. Ils ne pensent qu'à leur entreprise et travaillent d'arrache-pied, mais ils oublient de se constituer un plan financier ! "
TroisiÈme tendance/Plus rien n'est sÛr: il convient d'y penser dans le cadre d'un plan
Nick Vermoere: "Aujourd'hui, les gens ont peur de tout, ce qui entraîne une certaine forme d'immobilisme: ils ne font rien de leur argent, ils semblent tétanisés. Nous aimerions leur dire : étudiez à la loupe votre situation et vos attentes, continuez à entreprendre, à investir, et surtout: en tant qu'entrepreneur indépendant ou exerçant une profession libérale, constituez votre propre plan de pension personnel."
Peter Cnockaert: "Nous retrouvons en partie cet immobilisme chez les entrepreneurs. Les investissements sont limités dans les entreprises, ce qui s'explique là aussi par la peur de l'avenir."
QuatriÈme tendance/De plus en plus de citoyens sont en quÊte de transparence
Stefan Sablon (avocat spécialisé dans les matières fiscales): "Des articles et des reportages sont consacrés pratiquement tous les jours au secret bancaire, aux poursuites engagées contre les fraudeurs, etc. Voilà qui renforce chez un certain nombre de personnes la prise de conscience 'qu'il faut faire quelque chose', qu'elles doivent régler leurs affaires d'une manière correcte."
Nick Vermoere: "Heureusement d'ailleurs, car il est tout à fait possible de traiter tout ceci d'une manière totalement légale. Les clients eux-mêmes sont les premiers demandeurs de cette transparence du patrimoine. Ils comprennent de plus en plus – à raison d'ailleurs – qu'il s'agit de la seule voie valable." "On est encore loin d'une planification raisonnée à long terme. Pour la jeune génération, prévoir cinq ans à l'avance, cela semble déjà énorme. De nombreuses personnes ne savent pas comment élaborer un plan financier de leur propre situation sur le long terme."
Peter Cnockaert: "C'est tout à fait étonnant: l'immobilisme de certains dans leur situation privée contraste nettement avec d'évidentes capacités de gestion et de planification dans leur vie professionnelle."
CinquiÈme tendance/RÉflÉchir dÈs aujourd'hui À son avenir
Nick Vermoere: "Cela fait penser au patient qui ne va voir son dentiste que lorsqu'il a une rage de dents, donc quand il est trop tard. De nombreuses personnes n'ont pas de plan tout prêt, alors même qu'une structure saine est indispensable."
Nick Vermoere: "Une tendance positive s'observe dans ce domaine. Actuellement, la génération des quarante à cinquante ans nous demande de prévoir une planification successorale adéquate. Auparavant, on attendait effectivement l'âge de la retraite pour y penser, et encore, à l'instigation des enfants."
Nick Vermoere: "Révolue, l'époque où l'idée même de 'planification successorale' était associée à céder son patrimoine. Aujourd'hui, un entrepreneur dont la planification est adéquate ne paie pas de droits de succession au premier décès – des droits qui auraient sans cela représenté jusqu'à 27% du patrimoine."
SixiÈme tendance/Un trÈs bon plan est l'apanage de celui qui y pense À temps
Nick Vermoere: "Il est vrai que les Belges paient beaucoup d'impôts. Pourtant, les personnes capables de structurer correctement leur situation ne sont pas trop mal loties. Un plan adéquat, durable et parfaitement légal, voilà qui fait toute la différence."
Stefan Sablon: "En matière de fiscalité du patrimoine, la Belgique ne réalise d'ailleurs pas un trop mauvais score international. Pour preuve les nombreux étrangers fortunés qui viennent s'établir dans notre pays."
Peter Cnockaert: "Il en va tout autrement des actifs et des entreprises."
Stefan Sablon: "D'accord. On pourrait presque dire que les Belges continuent à entreprendre malgré les pouvoirs publics."
Nick Vermoere: "Du point de vue des entrepreneurs et des personnes exerçant une profession libérale, une planification fiscale à la mesure de leur situation représente un must plutôt qu'un luxe, surtout à partir de certains revenus et patrimoines. Plutôt que de se lamenter et de pester contre la pression fiscale, nous leur conseillons d'élaborer un plan sur mesure. Ce sont souvent ceux qui crient le plus que la pression fiscale est intenable qui utilisent le moins les possibilités laissées par le fisc."
Stefan Sablon: "C'est dommage, car il est tout à fait possible en Belgique de planifier de façon légale et durable. Nous avons à notre disposition tous les moyens légaux pour y arriver. Dans de très nombreux cas, le meilleur conseil à donner aux personnes concernées est de ne pas se décourager et de prendre les choses en mains elles-mêmes."
